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PORTUGAIS

Sônia Maria van Dijck Lima - Université Paris Ouest Nanterre La Défense - 2008

BRÉSIL

traversée vers le XXe siècle et propositions pour ce millénaire

BLPLIB05 TD L3 - Travaux de littérature brésilienne

Resumé

PORTUGAIS

BRÉSIL – de la colonie à la modernité

Coordonnées historiques:

1500 – arrivée des Portugais
1822 – indépendance du Brésil (Premier Règne: 1822 – 1831)
1831 – 1840 – période de régence (le deuxième empereur mineur ne pouvait pas être couronné)
1840 – début du Deuxième Règne
1888 – abolition de l’esclavage
1889 – fin du Deuxième Règne – proclamation de la République
1922 – Centenaire de l’Indépendance. Semaine de l’Art Moderne

Avec de fortes différences régionales et de graves problèmes sociaux, le Brésil est entré dans le XXe siècle sans résoudre ses problèmes historiques dûs à la colonisation portugaise et à la période de l’esclavage. Il cherche de s’affirmer à partir de la civilisation du siècle:l’illumination eléctrique de la capitale fédérale, l’inauguration de la radiotélégraphie, la construction des chemins de fer, l’installation des industries, le développement urbain (surtout à Rio de Janeiro et à São Paulo – les pôles politique et économique).

São Paulo – mise au point des rails à Estação da Luz - 1902

Rio de Janeiro - 1920

São Paulo - 1920

Dans le domaine politique, la République a adopté un programme centralisateur, pour les intérêts des grands propriétaires, dont les représentations se relayaient au pouvoir.

Le Brésil voyait l’Europe entrer dans l’appogée de l’ère industrielle et technique, avec la consolidation du capitalisme et le développement de la politique armementiste.

On recevait les informations des nouvelles propositions esthétiques (le futurisme, 1909 – dont les nouvelles arrivent au Brésil, à travers la publication du manifeste dans le journal A REPÚBLICA – Natal, RN, le 5 juin, et, le 30 décembre, dans le JORNAL DE NOTÍCIAS – Salvador, BA de la même année (TELES, 1983, p.14) ; et en 1912, à travers Oswald de Andrade); ainsi que les nouvelles de la victoire Bolchevique, 1917; celles de la formulation de la plateforme politique qui préparait le fascisme, en 1919 (l’un des fondateur: Adolph Hitler), c’etaient des événements qui résonnaient dans certaines couches de la société brésilienne, dans lesquelles la présence des immigrants était importante.

Édifice Martinelli (bâti entre 1925 et 1929), sur l’Avenue São João, a été le premier gratte-ciel de la ville de São Paulo (30 étages – 130 mètres de hauteur), le bâtiment le plus grand de l’Amérique Latine à la fin de la décennie 20 du siècle passé. Son propriétaire s’appelait Giuseppe Martinelli, immigrant italien qui a fait fortune au Brésil.
BRÉSIL – ambiance culturelle conservatrice

On souligne qu’au Brésil du début du XXe siècle, il y avait une ambiance culturelle conservatrice (conséquence des plans économique et politique conservateurs qui assuraient la grande propriété privée – le latifúndio – et les principes moraux et sociaux de cette structure socio-économique).

Les élites sociales brésiliennes cultivaient, dans les premières années du XXe, un art de goût académiciste, faisant encore écho à un passé culturel européen (colonisateur) qui, dans la littérature, renvoie à l’esthétique du Parnasse, dont le contrepoint se trouve dans le Symbolisme d’atmosphère décadantiste, loin des compositions hardies de Rimbaud, par exemple:

L' Étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,
L' infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l' Homme saigné noir à ton flanc souverains.

(Arthur Rimbaud)

comme l’on peut vérifier dans les poèmes suivants:

A um poeta

Olavo Bilac

Longe do estéril turbilhão da rua,
Beneditino escreve! No aconchego
Do claustro, na paciência e no sossego,
Trabalha e teima, e lima , e sofre, e sua!

Mas que na forma se disfarce o emprego
Do esforço: e trama viva se construa
De tal modo, que a imagem fique nua
Rica mas sóbria, como um templo grego

Não se mostre na fábrica o suplicio
Do mestre. E natural, o efeito agrade
Sem lembrar os andaimes do edifício:

Porque a Beleza, gêmea da Verdade
Arte pura, inimiga do artifício,
É a força e a graça na simplicidade.

Lésbia

Cruz e Souza

Cróton selvagem, tinhorão lascivo,
Planta mortal, carnívora, sangrenta,
Da tua carne báquica rebenta
A vermelha explosão de um sangue vivo.

Nesse lábio mordente e convulsivo,
Rir, ri risadas de expressão violenta
O Amor, trágico e triste, e passa, lenta,
A morte, o espasmo gélido, aflitivo...

Lésbia nervosa, fascinante e doente,
Cruel e demoníaca serpente
Das flamejantes atrações do gozo.

Dos teus seios acídulos, amargos,
Fluem capros aromas e os tetargos,
Os ópios de um luar tuberculoso...

Soneto

Alphonsus de Guimarães

Cantem outros a clara cor virente
Do bosque em flor e a luz do dia eterno...
Envoltos nos clarões fulvos do oriente,
Cantem a primavera: eu canto o inverno.

Para muitos o imoto céu clemente
É um manto de carinho suave e terno:
Cantam a vida, e nenhum deles sente
Que decantado vai o próprio inferno.

Cantem esta mansão, onde entre prantos
Cada um espera o sepulcral punhado
De úmido pó que há de abafar-lhe os cantos...

Cada um de nós é bússola sem norte.
Sempre o presente pior do que o passado.
Cantem outros a vida: eu canto a morte...

Dans le Brésil du début du XXe siècle, on cultivait encore une poétique d’érudition, avec des images du passé du Vieux Monde («Prometeus»), dans une conception du poétique comme éloignement du monde quotidien et celle du poète comme un être écarté du monde réel («Longe do estéril turbilhão da rua, Beneditino escreve!» – «aconchego do claustro»). («Loin du stérile turbillon de la rue, Beneditino écrit !» - «câlin du cloître»)

Parnassiens et symbolistes cultivaient les formes du langage de la norme érudite («frígidos espaços» - «dor virente» - «o imoto céu clemente» – «lésbia»), ce qui instaurait une atmosphère sombre  («Cantem a primavera: eu canto o inverno.» – «Chantez le printemps: je chante l’hiver.» - «Cantem outros a vida: eu canto a morte...» - «Chantez les autres la vie: je chante la mort...»)

Olavo Bilac

Cruz e Souza

On cherchait souvent l’éloquence dans l’inversion de l’ordre synthatique («Cruel e demoníaca serpente» - «Cruel et demoniaque serpent»)

De la femme intouchée (Romantisme) à la femme avalée en tasses, bijoux, de profil grec et taille romane (Parnasse), la poésie symboliste contemplait la femme fatale, dans une compréhension du principe du plaisir comme pulsion de mort (Eros – Tanatos: «O Amor, trágico e triste, e passa, lenta,/ A morte, o espasmo gélido, aflitivo...» - Eros – Tanathos: «L’Amour, tragique et triste, et passe lente, / La mort, l’espasme gelé, afflictif...»), renvoyant au souvenir du péché original («Cruel e demoníaca serpente» - «Cruel et demoniaque serpent»).

Alphonsus de Guimarães

L’événement des avant-gardes esthétiques

De la fin du XIXe siècle jusqu’à la fin de la I Guerre Mondiale, l’Europe a traversé une crise de valeurs (économiques, politiques, sociales, morales et esthétiques), marquée par le développement scientifique et technologique qui nourissaeint la politique armementiste.
Cette atmosphère de changement a conduit à un épuisement des solutions esthétiques et techniques, et les artistes et intellectuels cherchaient de nouvelles expressions plus adequates à la nouvelle réalité qui s’affichait, dans laquelle «tout ce qu’est solide s’évapore dans l’air» (Karl Marx. Cf. Marshall Berman).

Salvador Dali. La persistence de la mémoire, 1931

Malgré le culte encore vif des expériences de Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Verlaine, Poe, Whitman, l’inquiétude intellectuelle et artistique s’est traduite en de nouvelles esthétiques: fauvisme, futurisme, esprit nouveau, expressionnisme, cubisme, dadaïsme, surréalisme et d’autres mouvements qui ont marqué la première moitié du XXe siècle.

Giacomo Balla. Lumière de la rue, 1909

Giacomo Balla. Dynamisme d’un chien en laisse, 1912

Pierre Chareau. Lampadaire. La religieuse, 1923

À la recherche d’un langage capable de réunir les diverses expressions artistiques (littérature, arts plastiques, musique, danse, architecture, arts décoratifs), la proposition de Baudelaire n’était pas absente chez les «Correspondances»

Correspondances

Charles Baudelaire

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Première édition de Les Fleurs du mal. Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857.

Baudelaire. Photo: Nadar, 1855

Dans «Correspondences», Baudelaire annonçait les nouveaux chemins esthétiques, interprétant l’existence d’un réseau de relations transcendentales entre les divers langages artistiques, un langage magique, à travers lequel l’expérience de l’un des sens est transmise et ressentie par les autres sens, dans un processus d’expérience sensorielle (synesthésique – des images acoustiques, visuelles, tactiles, olfactives), dans laquelle les analogies conduisent à des révélations et à une vision du monde comme forêt de symboles, traduits dans et par le langage esthétique.

Le monde a changé et il s’est découvert différent avec la fin de la Première Guerre Mondiale. Apollinaire, qui avait déjà compris le besoin d’un Esprit nouveau, est mort en 1918, mais ses idées sont arrivées à Mário de Andrade.

Ainsi, le XXe siècle voit apparaître:
- un nouvel homme
- un nouveau chant
- un nouvel art
- des thématiques nouvelles
- des langages nouveaux

L’HOMME MODERNE annoncé par Whitman:

Walt Whitman
Photo: Mathew Brady, 1860 (Library of Congress, Washington, D.C.)

 

One's-Self I sing

Walt Whitman

One's-Self I sing, a simple separate person,
Yet utter the word Democratic, the word En-Masse.
Of physiology from top to toe I sing,
Not physiognomy alone nor brain alone is worthy for the Muse,
/ I say the Form complete is worthier far,
The Female equaly with the Male I sing.
Of Life immense in passion, pulse, and power,
Cheerful, for freest action form'd under the laws divine,
The Modern Man I sing.

Leaves of grass, 1. ed. 1855

Je chante le soi-même

Walt Whitman

Je chante le soi-même, une simple personne séparée,
Pourtant je prononce le mot démocratique, le mot En Masse,
C'est de la physiologie du haut en bas, que je chante,
La physionomie seule, le cerveau seul, ce n'est pas digne de la Muse, /je dis que l'Ëtre complet en est bien plus digne.
C'est le féminin à l'égal du mâle que je chante,
C'est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance,
Pleine de joie, mise en œuvre par des lois divines pour la plus libre /action,
C'est l'Homme Moderne que je chante.

(Feuilles d’herbe. Trad. Jules Laforgue)

BRÉSIL – les nouvelles des avant-gardes de la modernité

Le développement de la vie urbaine, l’arrivée des nouvelles sur l’effervescence des avant-gardes européennes (futurisme, expressionnisme, cubisme, par exemple) favorisé par l’échange:

- visite des Européens (Paul Claudel, en mission diplomatique – de 1917 à 1918; Lasar Segall [expressionnisme] – 1913 et 1925, quand il s’est naturalisé Brésilien et s’est fixé à São Paulo, par exemple),

- les Brésiliens partent pour des séjours d’études à l’étranger (Anita Malfatti [expressionnisme] – 1910, en Allemagne, et en 1915, aux États-Unis [cubisme]; Victor Brecheret [marqué par l’esthétique de Rodin] – 1910, il reçoit des leçons du constructivisme, du cubisme et de l’expressionnisme – avec des bourses d’études accordées par le gouvernement,

- fortune des familles aisées (Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade – 1912), qui leur permettait de longs séjours à Paris,

- participation à la représentation diplomatique brésilienne en Europe (Graça Aranha – de 1900 à 1920),

- accès à des livres et à des revues européennes (Mário de Andrade),

ont provoqué l’apparition d’une nouvelle attitude esthétique – et, en littérature, de nouvelles propositions poétiques.

Il faut souligner que les intellectuels brésiliens ne pouvaient rester indifférents aux grands changements provoqués par la Première Guerre Mondiale - ni culturellement, ni scientifique et technologiquement.

Les nouvelles des changements en Europe ont fort resonné au Brésil, créant de nouvelles propositions esthétiques, contestataires de l’académicisme, du Parnasse et du Symbolisme conservateur.

BRÉSIL – l’avant-garde moderniste

Lasar Segall. Vieil homme avec béquille, 1910

Anita Malfatti. La bête, 1917

Affiche de la SAM (Di Cavalcanti, 1922)

Le diviseur d’eau – l’événement qui a marqué le changement d’attitude esthétique – a été la Semaine d’Art Moderne, à São Paulo, en 1922, qui avait réuni des intellectuels et des artistes au courant des idées des avant-gardes européennes et mécontents du climat culturel conservateur et nostalgique qui régnaient au Brésil.

La Semaine a compté sur la participation et le patronage de noms du capitalisme paulista, tels que Paulo Prado qui avait conquis l’appui du maire de São Paulo, Firmiano de Morais Pinto, et celui du président de l’État, Washington Luís.

À partir de la Semaine, deux tendances de Modernisme se sont développées et se sont complétées: une attitude internationaliste, dirigée vers les nouvelles propositions esthétiques des avant-gades européennes; et, en même temps, une tendance nationaliste, qui prétendait mieux connaître la réalité de la diversité brésilienne et enquêter son passé historique.

São Paulo! comoção de minha vida...
Galicismo a berrar nos desertos da América.

(Mário de Andrade, “Inspiração”)

Tarsila do Amaral. Carnaval à Madureira, 1924

Tarsila do Amaral. La gare, 1924

Lasar Segall. Mário de Andrade, 1927

Inspiração

Mário de Andrade

“Onde até na força do verão havia tempestades de ventos e frios de crudelíssimos invernos.”
Fr. Luís de Sousa

São Paulo! comoção de minha vida...
Os meus amores são flores feitas de original!...
Arlequinal!... Trajes de losangos... Cinza e ouro...
Luz e bruma... Forno e inverno morno...
Elegâncias sutis sem escândalos, sem ciúmes...
Perfumes de Paris... Arys!
Bofetadas líricas no Trianon... Algodoal!...

São Paulo! comoção de minha vida...
Galicismo a berrar nos desertos da América.

Ainsi, la ville, l’homme ordinaire et anonyme, les êtres de la vie urbaine, sans teintures de noblesse ou d’héroïsme, sont entrés dans la thématique de la littérature brésilienne:

Os homens passam encharcados...
Os reflexos dos vultos curtos
Mancham o petit-pavé...
As rolas da Normal
Esvoaçam entre os dedos da garoa...

(Mário de Andrade, “Paisagem N. 3”.)

LÉGÈRETÉ RAPIDITÉ EXACTITUDE VISIBILITÉ MULTIPLICITÉ

Estes homens de São Paulo,
todos iguais e desiguais,
quando vivem dentro dos meus olhos tão ricos,
parecem-me uns macacos, uns macacos.

(Mário de Andrade, “Os cortejos”)

Dans les Leçons américaines. Aide-mémoire pour le prochain millénaire*, Italo Calvino dit dans l’ouverture:

Aussi voudrais-je consacrer ces conférences à quelques valeurs ou qualités ou spécificités littéraires qui me tiennent particulièrement à coeur, en m’efforçant de les situer dans la perspective du millénaire qui s’annonce. (CALVINO, p. 15)

LÉGÈRETÉ RAPIDITÉ EXACTITUDE VISIBILITÉ MULTIPLICITÉ CONSISTENCY

* Trad. Yves Hersant. Paris: Gallimard, 1988.

Nous passons, alors, à vérifier dans quelques poèmes du Modernisme brésilien, la réalisation de ces valeurs ou qualités ou spécificités, selon Calvino, sans perdre de vue d’autres éléments qui aient été expérimentés par l’avant-garde brésilienne.

O transatlântico mesclado
Dlendlena e esguicha luz
Prostretutas e famias sacolejam

(Oswald de Andrade, “Bonde”)

Bananeiras
O sol
O cansaço da ilusão
Igrejas
O ouro na serra de pedra
A decadência

(Oswald de Andrade, “São João Del Rei”)

Tarsila do Amaral. Oswald de Andrade, 1922

LÉGÈRETÉ RAPIDITÉ EXACTITUDE VISIBILITÉ MULTIPLICITÉ

DES VERS LIBRES ET BLANCS, LANGAGE FAMILIER, NEOLOGISMES, IMAGES SONORES ET VISUELLES, PAYSAGE BRÉSILIEN, VISION CRITIQUE DU PASSÉ

L é g è r e t é

Cavalcanti m’a permis d’illustrer au moins trois acceptions différentes de la légèreté:

1) um allégement du langage au terme duquel les signifiés, circulant sur un tissu verbal presque impondérable, prennent une consistance tout aussi raréfiée.

2) um raisonnement, ou um processus psychologique, dont le récit met en oeuvre des éléments subtils et imperceptibles, ou bien encore une description, de quelque nature qu’elle soit, impliquant un haut degré d’abstraction.

3) une image qui figure la légèreté en prenant valeur emblématique: tel, dans La nouvelle de Boccace, Cavalcanti voltigeant sur sés jambes fluettes par-dessus La Pierre tombale. (CALVINO, p. 38-39 et p. 40-41)

Eu vi o Génio da Raça!!!

(Aposto como vocês estão pensando que eu vou falar
de Rui Barbosa.)

Qual!
O Gênio da Raça que eu vi
foi aquela mulatinha chocolate
fazendo o passo do siricongado
na terça-feira de carnaval!

(Ascenso Ferreira, “O gênio da raça”)

Le langage courant, la présence de la culture populaire (pas du siricongado, carnaval), la présence du métis (mulatinha), images sonores, visuelles et gustatives, l’humour.


Le poème prend des contours de sensualité, dans la rupture du «bom mocismo» («bonhommisme») cultivé par les parnassiens et dans l’irrévérence par rapport aux icônes de la tradition brésilienne (Rui Barbosa).

Ascenso Ferreira (FJN)

R a p i d i t é

La nouvelle est un cheval: un moyen de transport dont l’allure, trot ou galop, dépend du parcours à effectuer, mais la vitesse est ici toute mentale. (CALVINO, p. 72)

 

As embarcações singravam rumo do abismal! Descaminho...
Arroubos... Lutas... Setas... Cantigas... Povoar!
Ritmos de Brecheret!... E a santificação da morte!
Foram-se os ouros!... E o hoje das turmalinas!...

(Mário de Andrade, “Tietê”)

E x a c t i t u d e

L’exactitude, pour moi, designe principalement trois choses: un projet d’ouvrage définit et calcule avec justesse; 2) l’évocation d’images visuelles nettes, incisives, mémorables; [...] 3) un langage aussi précis que possible dans son lexique, comme dans le respect des nuances de l’imagination et de la pensée. (CALVINO, p. 98)

 

Folha verde! - Deliciosa meninice das gentes de minha terra,
que eu tanto amei e senti...
Os sinos sonoros que falam do Céu!
A feira, o mercado, bananas, cajus!
Inbaúbas macias como veludo,
ingás mais macios do que veludo!

(Ascenso Ferreira, “Folha verde”)

Légèreté, rapidité, exactitude, visibilité

Images visuelles, sonores, gustatives, tactiles, présence du quotidien et des éléments nationaux, le populaire en tant que thématique poétique, sensualité
.

V i s i b i l i t é

Si j’ai inscrit la Visibilité sur ma liste des valeurs à préserver, c’est pour mettre en garde contre le danger que nous courons de perdre une faculte humaine fondamentale: la vision nette les yeux fermés, le pouvoir de faire jaillir couleurs et formes d’un alignement de lettres noires sur une page blanche, l’aptitude à penser par images. (CALVINO, p. 149)

 

A Verônica estende os braços
E canta
O pálio parou
Todos escutam
A voz da noite
Cheia de ladeiras acesas

(Oswald de Andrade, "Procissão do Enterro")

Um perfume de rosas no ar trescala:
- São as rosas de carne que há na sala.
(...)
Com seus deliciosos braços nus,
as rosas fazem o sinal-da-cruz...
Amém...

(Ascenso Ferreira, “Mês de maio”)

M u l t i p l i c i t é

Peut-être objectera-t-on que plus l’oeuvre tend à multiplier les possibles, plus elle s’éloigne de CET unicum qu’est le self de qui écrit, la sincérité intérieure, La découverte de sa vérité. Bien au contraire, répondrai-je: qui sommes-nous, qu’est chacun de nous, sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, ou tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles. (CALVINO, p. 193-194)

Minha Londres das neblinas finas...
Pleno verão. Os dez mil milhões de rosas paulistanas.
Há neves de perfumes no ar.
Faz frio, muito frio...
E a ironia das pernas das costureirinhas
Parecidas com bailarinas....

(Mário de Andrade, “Paisagem N. 1”)

Escapulário

Oswald de Andrade

No Pão de Açúcar
De Cada Dia
Dai-nos Senhor
A Poesia
De Cada Dia

Légèreté Rapidité Exactitude Visibilité Multiplicité

Des vers libres et blancs - Accent ludique
Lyrisme et irrévérence - Métalangage

Pão de Açúcar (Rio de Janeiro)

Moules de pain-de-sucre

Moule de pain-de-sucre et pain-de-sucre

Pain sucré

HYPERTEXTE – construit avec d’autres textes; établit des rapports avec d’autres textes - densité

Escapulário

Oswald de Andrade

No Pão de Açúcar
De Cada Dia
Dai-nos Senhor
A Poesia
De Cada Dia

Histoire (colonisation, des usines de canne-à-sucre)
Tradition (scapulaire, prière)
Culinaire (pain, pain sucré)
Géographie (paysage, mont du Rio de Janeiro)

Brasilidade (Pão de Açúcar >>> «carte postale» de Rio de Janeiro>> Brésil)

Pour une septième proposition

Italo Calvino n’a même pas écrit la sixième conférence de la série qu’il devrait avoir proféré à l’Université de Harvard.

Selon le témoin d’Esther Calvino, cette conférence traiterait de la Consistency.

Il est impossible de savoir ce que Calvino aurait dit.

Toutefois, prenant le poème d’Oswald de Andrade «Escapulário», aux six valeurs ou qualités ou spécificités de la littérature formulées par Calvino, j’ajoute la

Concision: la capacité du texte de parler sur plusieurs sujets et renvoyer à d’autres textes ou à divers éléments culturels, dans un exercice réalisé dans l’espace hypertextuel, qu’il cultive ou non la rapidité de l’expression, ayant pour but une nouvelle signification. (LIMA, 2008)

Italo Calvino

La concision parvient de la réunion de textes divers ou d’une variété d’éléments culturels, qui ne sont ni réécrits, ni discutés, en obéissance à l’économie de la littérature. Le signifié du texte (hypertexte) est nouveau, et en même temps il garde tous les signifiés desquels il se nourrit, ce que lui donne de la densité.

Ses constituants ne peuvent être identifiés qu’analytiquement, car ils se cachent dans l’opacité hypertextuel, dont le but est d’offrir au lecteur un signifié à être appréhendé – reçu – métaphoriquement.

Donc, la comparaison ne résulte pas en concision. La concision s’identifie avec la métaphore.

«Escapulário» d’Oswald de Andrade en est un bon exemple.

Calvino, concentré sur la légereté, la rapidité, l’exactitude, la visibilité, la multiplicité, la consistency, a considéré la concision en tant qu’aspect de la rapidité et a souhaité un texte d’une seule ligne:

j’aimerais organiser une collection d’histoires d’une seule phrase, ou d’une seule ligne, si cela en était possible. (CALVINO, p.63)

- il interprétait la concision comme un constituant de la rapidité.

La concision est une des valeurs de la littérature, qui s’affirme comme un défi aux créateurs, dans les routes de l’hypertextualité, et que doit être preservée.

Concision: septième proposition pour une littérature de ce millénaire.

LISEZ AUSSI

 

Couverture: Rubenal Hermano

São Paulo: Navegar, 2008

mailto

PORTUGAIS

PETITE ANTHOLOGIE

RÉFÉRENCES

ANDRADE, Mário de (1987). Poesias completas. Ed. Crítica de Diléa Zanotto Manfio. Belo Horizonte: Itatiaia; São Paulo: Ed. da Universidade de São Paulo.

ANDRADE, Oswald de (1982). Cadernos de poesia do aluno Oswald. Poesias reunidas. São Paulo: Círculo do Livro.

BERMAN, Marshall (2005). Tudo que é sólido desmancha no ar. Trad. Carlos Felipe Moisés e Ana Maria L. Ioratti. São Paulo: Companhia das Letras.

BOSI, Alfredo (1995). História concisa da literatura brasileira, 3e ed. São Paulo: Cultrix.

BRITO, Mário da Silva (1971). Antecedentes da Semana de Arte Moderna, 3e ed. , rev. Rio de Janeiro: Civilização Brasileira.

CALVINO, Italo (1988). Leçons américaines. Aide-mémoire pour le prochain millénaire. Trad. Yves Hersant. Paris: Gallimard.

FERREIRA, Ascenso (1988). Catimbó, 7e ed. Recife: FUNDARPE.

GENETTE, Gérard (1982). Palimpsestes: la littérature au second degré. Paris: Seuil (Coll. Poétique).

LIMA, Sônia Maria van Dijck (2008). Concisão: sétima proposta para este milênio. São Paulo: Navegar.

Traduction: Aglaé Fernandes

Création: Sônia van Dijck

Images: 1) de l'internet; 2) photo: Sônia van Dijck

Matériel didactique. Reproduction interdite.

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